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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 11:43

 

Le Visible de l'Invisible
(Exposition d'Art Sacré)

AFFICHE

Exposition d’Art Sacré qui présentera une centaine d’icônes, des fresques et des mosaïques, en coïncidence avec l’année des Ostensions en Limousin.

ICÔNES, FRESQUES, MOSAÏQUES
« LE VISIBLE DE L’INVISIBLE »


Lieu
 :
Centre Culturel Municipal de Couzeix

Dates : du vendredi 20 février au dimanche15 mars 2009
tous les jours de 14h30 à 18h30 – entrée libre

Conférence publique : jeudi 19 février à 16h 45 : «  De l’Image à l’Icône »
***
Cette conférence portera sur la genèse de l’Icône et sur son évolution à travers les temps, depuis l’Art des Catacombes et des Portraits du Fayoum, à l’Icône Contemporaine ***

Partenaire : Atelier Saint Jean Damascène
La Prade – 26190 Saint Jean-en-Royans
Site :
www.atelierdamascene.fr

Renseignements :
- Mairie de Couzeix : Nicolas Yardin : 05 55 39 27 98 - 06 07 02 90 60
nicolas.yardin@couzeix.fr
Site Mairie :
www.couzeix.fr
- AACC : Nicole Roux : 05 55 39 92 43 - 06 13 68 97 93
nicole.couzeix@wanadoo.fr


IMG 7340

- Vendredi 20 février 2009 :
Centre Culturel de Couzeix, ouverture de l’exposition :
« Le Visible de l’Invisible »
Icônes, Fresques, Mosaïques

- Dimanche 22 février 2009 :
Eglise Saint Michel des Lions à Limoges
Messe Solennelle de proclamation de l’Ouverture des 71èmes
Ostensions en Limousin.

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Les Ostensions (du latin ostendere, ostensum : ‘’montrer’’) sont des cérémonies religieuses, millénaires et septennales, pratiquées par des chrétiens catholiques. Elles sont tout à fait spécifiques à notre région.
Dans 15 communes de notre département, d’avril à octobre, seront montrées et vénérées les reliques des Saints locaux au cours de processions suivies par les croyants (mais aussi par les non croyants…) en mémoire du « Miracle » qui se produisit à Limoges en 994.
En effet, depuis des décennies, une terrible épidémie portant le nom de « Mal des Ardents » sévissait dans la région.
L’évêque de Limoges décida d’avoir recours à
un culte qui était répandu dans toute l’Europe chrétienne pendant le Moyen Age : celui des Reliques.
Les premiers Saints « appelés » et « montrés », furent ceux de Limoges : Martial, Loup, Aurélien et Valérie…puis les reliques d’autres Saints conservées en grand nombre dans les églises d’ici et d’Aquitaine.
A travers les reliques,
présentes, montrées et priées, ce sont bien les Saints et leur Invisible pouvoir que l’on implorait : l’épidémie fut stoppée…. On parle de 7000 guérisons…

Un autre visage du monde chrétien

Couzeix, sous la protection de Sainte Madeleine, ne sera pas une ville ostentionnaire. L’Association Culturelle a souhaité s’associer à l’évènement, et a choisi de montrer un autre visage du monde chrétien : celui de l’église orthodoxe, celui d’un Orient qui a voué depuis le IXème siècle, un culte particulier aux Images Saintes : les Icônes.

Semblablement aux reliques, certaines icônes étaient réputées pour leurs pouvoirs miraculeux de guérison, ou bien, en temps de guerre, pour le pouvoir de protection et de force que leur simple vue sur les bannières, inspirait aux combattants.

«…l’icône est montrée, promenée, encensée, chantée, caressée, baisée par mille et une bouches croyantes. … » (Jean -Yves Leloup, l’Icône, une école du regard. Editions Le Pommier-Fayard.)

Aujourd’hui, l’icône est acceptée comme image religieuse liée au Christianisme. Elle figure dans les églises catholiques autant qu’orthodoxes…. mais aussi sur les affiches annonçant les concerts de musique sacrée, les pochettes de disques, les couvertures de livres et de magazines parlant de plus en plus nombreux, de spiritualité.

Elle éveille une certaine sensibilité religieuse et esthétique au quotidien : on ne peut plus l’ignorer.

Un atelier œcuménique


L’Atelier d’Art Sacré Saint Jean Damascène, situé à Saint Jean-en Royans, dans la Drôme, est placé sous la protection symbolique de Jean Damascène, théologien chrétien d’origine islamique, Père et Docteur de l’Eglise, l’un des principaux défenseurs des Saintes Images et de leur vénération, au VIIIe siècle, dans un Moyen Orient en proie à une grave crise iconoclaste pendant laquelle toute image religieuse fut interdite (entre l’an 726 et l’an 843)

Cet Atelier doit son origine à plusieurs théologiens orthodoxes et catholiques qui ont souhaité favoriser l’œcuménisme (le rapprochement des religions) à travers l’iconographie et retrouver les liens entre la spiritualité de l’Art de la période romane occidentale et l’iconographie orientale.

Une démarche spirituelle à travers l’Art sacré

Dans ce coin du Vercors, dans une nature propice au recueillement et à la contemplation, une centaine d’élèves, qu’ils soient catholiques, orthodoxes ou protestants, viennent chaque année du monde entier accomplir cette démarche spirituelle à travers la pratique d’un Art Sacré, sous la conduite de maîtres : iconographes, fresquistes et mosaïstes.

La Chapelle - une ancienne grange confiée à la protection de La Mère de Dieu, Notre Dame de la Dormition - est, comme dans les églises et monastères byzantins, couverte de fresques relatant la vie de Jésus et des Saints.

Père Nicolas Garrigou et son épouse Ludmilla Titchenkova, iconographe, ont consacré leur vie au rayonnement de ce Centre qui relève du Patriarcat de Constantinople

Frère Jean Baptiste, est fresquiste. Il a étudié son art pendant 15 années en Russie auprès de Père Zénon, l’un des plus grands peintres iconographes actuels.

Après le monastère orthodoxe d’Arnaca au Liban, d’autres en Belgique ou en Finlande, il vient de terminer de couvrir de fresques les murs intérieurs de l’église catholique de Sanary-sur-Mer, commande de la mairie de cette ville.

- Orthodoxe, Nicolas Garrigou a la responsabilité des paroisses de Grenoble, Valence et Montélimar.

- Catholique, Charles Antoine du Fort est le Curé de Couzeix et le Père de la Paroisse Saint Eloi des Hauts de L’Aurence. Il lui reviendra l’honneur de présider à l’organisation des Ostensions de Chaptelat (patrie de Saint Eloi : Patron des Orfèvres, des Laboureurs et …Conseiller du Roi Dagobert..)

- Oeucuménistes, ces bergers de chacune des deux églises ont eu, sans se connaître ni se concerter, la même réaction : « parlons de ce qui unit les deux communautés : l’amour du Christ et faisons de cette rencontre, mutuellement soutenue, une fête offerte à tous, une fête des yeux autant qu’une fête du cœur et de l’esprit. »

Dans notre monde tourmenté et en proie au doute, cette proposition de montrer en écho Icônes et Reliques en Limousin ne fera sans doute pas jaillir le Miracle de la Paix…mais accepter de se regarder l’un l’autre, ouvrir un chemin de tolérance, fut-ce à l’échelle du nombre de visiteurs qui s’attarderont dans cette exposition, c’est au moins s’autoriser à se poser, pour y réfléchir un peu.

Et puis peut-être nous reposerons – nous en sortant ces éternelles questions philosophiques qui sont le fondement de toutes les religions : D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ?


Du christianisme des origines
à la séparation des églises d’Orient et d’Occident


Jésus 

Au 1er siècle de notre ère, dans la partie orientale de l’immense Empire Romain qui allait de l’Angleterre à l’Asie Mineure, quelque part en Palestine, un enfant juif naît. Son nom : Jésus de Nazareth.

A l’âge de sa majorité, Jésus s’engage avec quelques disciples dans une courte carrière de prédiction itinérante, pratiquant guérisons, exorcismes et miracles, comme autant d’anticipations au bonheur éternel.

Par ses comportements de bienveillance, ses paroles à l’égard des personnes en difficulté, il suscite engouement et ferveur, mais il s’attire aussi la Il est condamné à mort et crucifié vers l’an 30, à Jérusalem, alors sous l’administration du Gouverneur romain Ponce Pilate.

A l’annonce de sa supposée Résurrection, ses disciples le reconnaissent comme le Messie, le Fils de Dieu.

Une religion nouvelle, son évolution.

Une religion nouvelle était née : le Christianisme, qui allait bientôt se répandre dans tout l’Empire Romain, de l’Angleterre à l’Asie Mineure.

Cette religion s’appuie sur les textes du Nouveau Testament :

- les Evangiles des Apôtres  Matthieu, Marc, Jean et Luc qui relatent la vie et les enseignements de Jésus ;

- les Actes des Apôtres ;

- les Epitres de Paul ;

- l’Apocalypse de Jean.

La fin de l’Empire Romain au IVème siècle annonce une des plus grandes mutations de l’Histoire : la fin des Civilisations Antiques gréco-romaines et le début du Moyen Age : période d’épanouissement de la mystique chrétienne, de la culture et des arts.

L’Empire Romain se scinde en 2 parties :

- l’Empire Romain d’Orient ou Empire Byzantin qui prend pour Capitale Constantinople (ancienne Byzance) et future Istanbul.

Cet empire comporte toutes les régions qui se trouvent dans la partie orientale du bassin de la Méditerranée : l’est de l’Italie, la Grèce, le Liban, l’Egypte, la Turquie, l’Irak, la Syrie, le Soudan…

Cet empire reste chrétien, en conformité avec l’Eglise Universelle des Origines, définition même de l’orthodoxie.

Elle nomme des évêques dans chaque zone d’influence et un Patriarche à Constantinople, qui ne considèrera plus le Pape comme le chef de toutes les communautés chrétiennes, mais simplement comme l’ Evêque de Rome.

Les missionnaires de Constantinople ne tarderont pas à convertir les peuples slaves de Russie, d’Ukraine, de Biélorussie, de Bulgarie, de Serbie, du Monténégro, de Macédoine et de Roumanie : les coutumes, la liturgie et les rites orthodoxes sont adoptés dans toute cette nouvelle et vaste région.

- l’Empire Romain d’Occident éclate à la fin du Vème siècle en une mosaïque de peuples qui resteront fidèles à l’église catholique de Rome, fidèles au Pape.

Malgré les vicissitudes de l’histoire, et malgré l’arrivée en Orient d’un Islam influent, les deux églises ont connu mille ans de cohabitation tranquille sous la bannière du Christ.

Mais en 1054, le Patriarche de Constantinople et le Pape, chefs des deux églises s’excommunient réciproquement pour des divergences doctrinales

Le schisme est confirmé en 1204, date de la mise à sac de Constantinople par la quatrième Croisade, détournée de son but initial qui était de conquérir l’Egypte, riche province musulmane

S’installe alors une discorde profonde, faite d’incompréhensions et de luttes d’influences entre les deux communautés.

Il faudra attendre 1965 et le Concile Vatican II pour que le Patriarche Athënagoras et le Pape Paul VI fassent tomber l’anathème et rendent à leurs Eglises les relations détendues qui prévalent aujourd’hui.

Les deux communautés représentent deux formes de sensibilité dans des traditions complémentaires et à travers l’Art qu’elles ont véhiculé au cours des Temps, elles ont contribué à s’enrichir l’une-l’autre.


L’ART, expression de la foi chrétienne

. Le Moyen Age a été par excellence un temps de ferveur religieuse et d’épanouissement des Arts tant en Orient qu’en Occident.

Cette ferveur s’est exprimée des deux côtés par la construction d’édifices religieux : mausolées et monastères puis églises et cathédrales … qui reflètent le souci d’en faire des monuments de beauté à la gloire de Dieu, mais aussi à partir du IXème siècle, des livres d’images à l’usage de croyants illettrés qui peuvent grâce à des décors descriptifs riches accéder à l’Histoire Sainte.


En ce qui concerne l’église orthodoxe, ce sont les icônes, les fresques et les mosaïques qui ont constitué l’essentiel de la décoration des lieux de prière.

Il n’y a pas de différence spirituelle entre ces trois modes d’expression : elles véhiculent les mêmes symboles, seules les techniques changent.

La mosaïque est l’art de reconstituer une image d’harmonie à partir de fragments de pierres ou de verre brisés.

Très utilisée dans l’antiquité romaine, la tradition a été reprise au Moyen Age par les Byzantins à qui l’on doit entre autres, les décors de la Basilique de Ravenne en Italie et la désormais Mosquée Sainte Sophie à Istanbul. Mais la cherté des matériaux nécessaires à l’élaboration des mosaïques obligeait souvent à recourir à une autre technique : celle de la peinture murale, la fresque.

La place particulière des icônes

Les Icônes sont une expression de la foi chrétienne qui est particulière à l’Eglise orthodoxe.

Les Byzantins désignaient par le mot Icône, toute représentation du Christ, de la Vierge, d’un Saint ou d’un évènement de l’Histoire Sainte, que cette image soit peinte ou sculptée, mobile ou monumentale, quelle que soit la technique utilisée pour sa réalisation.

Le Culte des Icônes après une longue interdiction, est rétabli au IXè siècle et les moines du Mont Athos en fixent les règles au XIIIè siecle..

Ces règles portent sur leur composition, leurs proportions, ou l’emplacement des personnages des scènes bibliques : elles laissent peu de place à l’improvisation et ont peu varié à travers les siècles.

L’icône contemporaine garde sa place dans l’église orthodoxe ou chez soi, dans un coin de prière : il s’agit d’une image sacrée.

C’est une peinture qui, à travers la représentation qu’elle donne est une« image qui parle de Dieu ».

L’icône n’est pas une peinture qui fait appel à la sensibilité de l’iconographe, mais à sa foi : avec le temps, la pratique, l’apprentissage, il acquiert la manière de faire puis parvient à la perfection et à la Beauté.

La codification et le langage symbolique utilisé doivent transfigurer le personnage ou la scène représentée et lui donner son aura d’Eternité

La technique de mise en œuvre d’une icône

Une icône se construit en 7 étapes qui peuvent rappeler la Genèse et les 7 jours de la Création du Monde.

L’iconographe

- choisit l’image sainte de référence qu’il se prépare à exécuter patiemment 

- choisit et prépare sa planche de tilleul : il la ponce

- l’entoile

- l’enduit de 12 couches de lefkas : préparation blanche composée de colle de peau et de blanc de Meudon

- calque le dessin d’origine et le reporte sur la planche

- prépare ses couleurs faites de pigments broyés, liés et agglomérés par du jaune d’œuf, selon la technique de la Tempéra utilisée par les artistes qui recherchent la perfection dans la transparence et la profondeur des couleurs. La pose des couleurs se fait simultanément, couche après couche, en respectant les longs temps de séchage.

- pose enfin l’or qui va donner à l’icône son caractère précieux et lumineux.

L’icône n’a pas pour but l’esthétique, on ne l’admire pas comme un tableau, on la contemple, on la prie.

Je reprendrai la définition que l’Atelier Saint Jean Damascène donne de l’icône :

« l’Icône est une représentation de l’invisible dont la contemplation nous fait entrer dans le monde surnaturel et rend accessible à nos yeux les réalités spirituelles. Elle n’est pas une simple peinture religieuse de facture byzantine, objet du passé que l’on recopie inlassablement. Elle est un élément liturgique et aussi une voie pédagogique qui indique comment et ce que chacun doit suivre, pour harmoniser sa vie.

Chaque icône est exécutée suivant une technique et une symbolique qui guide le peintre. Apprendre à peindre une icône, c’est aussi apprendre à pénétrer le mystère de sa propre existence, c’est venir au secours d’autrui par l’incessante prière qui régit son élaboration, c’est participer à la sauvegarde de la Création, c’est « militer » dans le silence et le recueillement pour un monde meilleur. »

Je terminerai par ce texte de Jean-Yves Leloup qui écrit en 2001 : « L’icône, par de curieux processus de couleurs, de symboles et de perspectives inversées, n’a d’autre fonction qu’une ouverture à la transcendance. Elle est une école du regard qui, à partir du Visible, patiemment, nous introduit à l’Invisible. »

La conférence intitulée « De l’image à l’icône » (jeudi 19 février à 16h45), qui précèdera le vernissage de l’exposition (à 18h30), donnera toute précision sur la genèse de l’icône et sur son évolution à travers les Temps : depuis l’Art des Catacombes et des Portraits du Fayoum, à l’Icône Contemporaine.

Nicole Roux

Présidente de l’Association Animation Culturelle de Couzeix



du 20 février au 15 mars 2009

Icônes, Fresques et Mosaïques

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